Différencier le vrai du faux – Bijoux anciens : Poinçons officiels

Discerner le vrai du faux: Pour authentifier un bijou ancien ou reconnaître de l’or massif, utilisez ces méthodes simples et indispensables avant d’acheter.

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État des lieux

Il existe de nombreuses méthodes, plus ou moins fiables, pour vérifier si un bijou est bien en métal précieux.

Il est à noter que la plupart de ces techniques peuvent fonctionner aussi bien pour l’or, l’argent, le platine et le palladium.

Afin de ne pas perdre de temps avec les astuces de grand-mères, une bonne dose de bon sens est toutefois nécessaire.

Aussi, en premier, nous vous donnons la méthode la plus efficace, accessible à tous, que vous soyez professionnels ou pas.

Ensuite nous vous indiqueront les méthodes de grand-mères, qui peuvent être plus ou moins fiables, puis nous finiront par les méthodes les plus utilisés par les professionnels.

Efficaces et accessibles à tous, professionnels et particuliers

Recherchez le(s) poinçon(s) officiel(s)

Pour authentifier un bijou (médaille, broche, bijou pour coiffure, pendentif, colliers, bracelet, boucles d’oreilles, bague, etc.) et savoir s’il est réellement en métal précieux ou pas, la première des choses à faire, c’est de rechercher le (ou les) poinçon(s) officiel(s).

Les poinçons sont de petites marques, qui sont gravés sur le bijou, et qui permettent d’avoir des informations indispensables pour et l’expertiser et l’estimer.

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Avec les poinçons officiels :

  • Vous pouvez savoir le type de métal précieux qui a été utilisé pour sa fabrication (or, argent, platine, palladium) ainsi que sa qualité (18 carats, 22 carats, etc)
  • Mais il est également possible de déterminer la provenance d’un ouvrage d’orfèvrerie ou d’argenterie (pays, région, ville) et la date (ou période) de fabrication

Les poinçons officiels sont donc des éléments essentiels, pour reconnaître si un bijou est authentique et également s’il est vraiment en métal précieux.

Astuces :

La difficulté est que de nombreux poinçons existent et chaque pays à un système de poinçonnement différent, qui plus est, a évolué en permanence au fil des siècles.

Avec PoinconOr.com, vous pourrez authentifier et reconnaître plus de 6000 poinçons sur 45 pays, du 13ème siècle à nos jours.

Afin de vous aider dans votre expertise, notre site est un véritable dictionnaire en ligne des poinçons officiels, qui vous donnera des informations complètes et détaillées.

Vous pourrez authentifier du simple bijou à l’ouvrage religieux le plus rare, sans oublier l’argenterie (couverts, timbale, service à thé à café, plat, chandelier ou bougeoir, sculpture, etc.).

Dans 96 % des cas, vous obtiendrez le résultat en moins de 5 minutes.

Décoloration aux points d’usure

Un bijou ancien a souvent été porté longtemps et parfois par plusieurs personnes.

Il est donc normal que des points d’usure apparaissent aux endroits où le bijou a été en contact fréquent avec la peau.

Si vous remarquez une différence de couleur, ou une décoloration à ces emplacements, c’est que votre bijou n’est pas en or, mais, le plus souvent en plaqué.

Astuces :

Cette méthode est stupéfiante par sa simplicité et son bon sens.

Ceci étant dit, vous pouvez vous retrouver en présence d’un ouvrage en Vermeil (de l’argent plaqué or).

En effet, de nombreux objets, considérés comme étant en or auprès du grand public, sont en fait en vermeil (exemple : médaille d’or des jeux olympique, etc)

Dans ce cas, selon le pays et l’époque de fabrication, vous pouvez avoir soit un poinçon spécifique au vermeil, soit un poinçon officiel correspondant à l’argent (ce métal étant majoritaire certains pays apposent ce type de poinçon sur le vermeil, exemple en France).

Les méthodes de Grands-Mères

Les méthodes qui suivent sont souvent indiquées comme étant fiables, comme étant “ma façon de faire imparable”.

Bien que certaines d’entre elles peuvent être utile, et apporter quelques pistes, elles ne doivent en aucun cas, servir de base principale pour expertiser vos bijoux.

Reconnaître l’or avec les dents

La technique la plus connue est sans nul doute celle qui consiste à mettre un bijou en or entre ses dents.

En effet, l’or étant un métal malléable (mou) il est facilement déformable. Du coup, mordre un bijou à pleines dents, laisse une petite marque sur le métal.

Soyons clair, à cause de la malléabilité de l’or, ce dernier est rarement utilisé seul. En effet, un bijou fabriqué en or pur (24 ct, 999 ‰) ne conserverait pas son intégrité longtemps, il se déformerait, voire casserait assez facilement.

Du coup, que se soit en bijouterie, ou en orfèvrerie, l’or est toujours mélangé à un autre métal. Cet alliage permet de garantir une bonne solidité à l’ouvrage réalisé, tout en rendant son prix plus abordable.

D’ailleurs, c’est ce métal qui fera varier la couleur de l’or, il peut être précieux (argent, platine, etc) ou pas (cuivre, fer, etc).

Donc, si cette méthode reste bien encrée dans l’imaginaire collectif, elle n’est pas fiable.

Astuces :

La preuve en est qu’il est très courant que certains sportifs, lorsqu’ils reçoivent leur médaille d’or, la croque à pleines dents.

Bien que ces personnes fassent ce geste, plus pour la photo que pour bien vérifier le type et la qualité du métal précieux, combien savent qu’en fait leur médaille est en vermeil et pas en or ?

A notre avis pas beaucoup.

Reconnaître l’or avec un aimant

L’or n’est pas magnétique, donc si en mettant un aimant à coté d’un bijou et que ce dernier est attiré, alors vous êtes en droit de penser que le bijou n’est pas en or massif, mais en présence d’un bijou en toc ou en plaqué.

Mais cette méthode à ses limites, car il est tout à fait possible de faire des copies de bijoux anciens avec des métaux communs ou des alliages qui ne sont pas magnétiques (cuivre, laiton, etc)

Astuces :

Certes, l’or, l’argent et le platine ne sont pas magnétiques.

Mais il peut y avoir des exceptions !

Par exemple : quand un bijou est constitué de platine et d’iridium, il sera magnétique, et pourtant, vous serez bien en présence d’un métal précieux.

Cette méthode peut donc être une piste (acheter un aimant dans une droguerie ne coûte pas cher) mais elle n’est pas suffisamment fiable.

Avec de la céramique

Cette méthode est assez facile à réaliser.

Mais il faut vous munir d’un objet (assiette ou tout autre objet) en céramique, qui ne soit pas émaillé. Sinon le test ne fonctionnera pas.

Tout en exerçant une légère pression sur le bijou, posez le sur la plaque en céramique et frottez.

S’il laisse une strie dorée, alors c’est de l’or, si elle est noire ce n’est pas de l’or.

Astuces :

Cependant, là aussi la méthode n’est pas infaillible, d’une part avec de l’or blanc vous n’allez pas obtenir de traces dorées, d’autre part, comme il ne faut pas frotter trop fort, avec un bijou en plaqué de bonne qualité, le test risque de ne pas montrer de traces noires.

Reconnaître de l’argent avec de la Javel

Lorsque l’on met l’argent en contacte avec de la javel il va noircir. Ce qui, à priori vous indiquera que vous êtes bien en contact avec de l’argent.

Mais, s’il est vrai que l’argent réagit à la Javel, cela vaut aussi pour le plaqué argent.

Un bijou en plaqué, est constitué d’un métal commun, recouvert d’une fine couche de métal précieux (or, argent ou platine).

Donc, si vous mettez une goutte de Javel sur un bijou en plaqué argent, le premier matériaux que va rencontrer la Javel sera donc bel et bien de l’argent.

Du coup, le test va vous sembler concluant, alors que le bijou est en plaqué.

Note :

L’argent n’est pas le seul métal qui réagisse avec la Javel (vous obtiendrez le même résultat avec la plupart des aciers).

Cette méthode est donc loin d’être fiable. Toutefois si vous voulez faire le test, prenez un endroit du bijou qui ne se voit pas, car la trace noire sera difficile à enlever.

Astuce :

L’argent est sensible (il devient terne) au vinaigre, au sel et à divers produits ménager.

Du coup, ne portez jamais de bague et de bracelet en argent lorsque vous faites la cuisine, la vaisselle et le ménage.

Les techniques utilisées par les professionnels

Les techniques ci-dessous ne sont pas détaillées de manière précises.

Notre objectif est juste de vous donner quelles informations, afin de savoir comment elles sont pratiquées.

Les bijoutiers sont correctement formés pour cela et les mettent en œuvres sans difficultés.



Essai au touchau

Ce test est valable pour l’or, l’argent, le platine.

L’essai est réalisé avec une “pierre de touche”. En fait de pierre, il s’agit d’un jaspe de couleur noire (le nom de ce minéral est “quartz Lydien” ou “Lydite”).

Le principe est de frotter le bijou à tester sur cette pierre. Une trace métallique va donc s’y déposer (il va de soit qu’il faut que la trace soit nette et clairement visible).

Ensuite on effectue la même opération avec un étalon (appelés “touchaux”, ces étalons se présentent sous forme de petites lames, chacune étant constituée d’un alliage connu et certifié aux différentes puretés).

Par exemple, si on suppose que le bijou est en or jaune 18 carats, on utilisera comme étalon, celui correspondant à cet alliage et à cette pureté.

La prochaine étape, consiste à mouiller ces deux traces avec de l’eau régale (appelée aussi “eau royale” c’est un mélange constitué d’acide nitrique et d’acide chlorhydrique).

Le cuivre va se dissoudre assez vite, alors que l’or ne sera pratiquement pas attaqué ; ensuite l’excès d’eau est essuyé avec un chiffon qui ne peluche pas.

Une fois cela fait, on regarde les traces.

Dans notre exemple, si la brillance de la trace laissée par le bijou est identique à celle de l’étalon, alors c’est bien de l’or jaune à 18 carats (750 millièmes).

A savoir que plus la trace laissée par le bijou est brillante, plus l’or est pur.

La précision obtenue par cette méthode est comprise entre 5 et 20 millièmes.

Note :

Cette méthode implique d’avoir plusieurs étalons :Bien sûr, par métaux et pureté, mais également par alliage (or jaune, or rouge, or vert, etc)

  • Pour l’or blanc (gris) cela est plus compliqué, car l’alliage peut être constitué d’or et de nickel (maintenant interdit dans de nombreux pays) ou d’or et de platine.
  • Pour l’or violet, cette méthode est trop imprécise, elle n’est donc pas utilisée.
  • Pour l’argent et le platine, vous ne pourrez pas en déterminer la pureté.

Pour aller plus loin, vous pouvez regarder la vidéo ci dessous.

Réalisé par le centre technique de l’industrie horlogère de Besançon (CETEHOR), elle n’est malheureusement disponible qu’en français (certaines informations ne sont valables que pour la France).



Essai à la coupelle (ou coupellation)

Ce test est considéré comme étant destructif, car il s’agit de prélever plusieurs échantillons à des endroits différents sur le bijou.

Ces échantillons devront être prélevés sur des parties de l’ouvrage d’orfèvrerie ou d’argenterie qui ne soient pas visibles.

Certains objets trop fins ou petits ne peuvent supporter le test à la coupelle.

Préparation de l’échantillon :

  • L’échantillon devra être de 250 mg au minimum il sera pesé sur une balance précise.
  • Pour un essai d’or il conviendra de faire une opération appelée”inquartation”.
    Celle-ci consiste à ajouter à l’échantillon d’or 3 fois son poids en argent.
    Par exemple : pour un échantillon d’or à 18 carats (750 millièmes soit 75% d’or) il faudra utiliser 500 mg d’argent pur
  • Mettre le tout dans une feuille de plomb de 5 gr (le poids peut être plus important pour l’or blanc)

La coupellation :

La coupelle est en fait un petit bol qui peut être en cendre d’os (matériau traditionnel utilisé depuis l’antiquité appelé “phosphate de chaux”) en magnésie ou en Ciment de Portland. Quelque soit celui utilisé, c’est sa porosité qui compte.

  • Chauffer la coupelle dans un four à 1150°C
  • Mettre une bille de plomb de 3 gr
  • Une fois cette bille de plomb fondue, mettre le plomb qui contient l’échantillon
  • Laisser reposer 15 minutes dans le four (avec la porte entre-ouverte de manière à ce que l’oxygène puisse circuler)

Le plomb va s’oxyder, ce qui va entraîner l’oxydation du cuivre. Grâce à la porosité de la coupelle, ces deux oxydes vont alors s’écouler.

Ne restera dans la coupelle, qu’une bille de métal constitué d’or et d’argent pur

Une fois cette opération terminée, une attaque aux acides nitriques sera effectuée. Cette opération, assez complexe, permettra de ne laisser que l’or.

Après un dernier passage au four à 700°C, l’échantillon sera pesé et la pureté de l’or sera ensuite calculée.

Note :

En plus du fait que cette technique ne respecte pas l’intégrité de l’ouvrage, comme vous avez pu le constater, cette méthode est assez complexe et prend du temps pour être réalisée.

Du coup, l’essai au Touchau, bien que représentant quelques limites, et beaucoup plus répandue chez les professionnels.



Essai par voie humide (uniquement pour l’argent)

Ce test est également considéré comme étant destructif, car il se base sur un échantillon prélevé du bijou.

Deux méthodes existes pour réaliser cet essai, celle de Gay-Lussac et celle de Volhard.

Méthode de Gay-Lussac :

Le produit pour effectuer ce test, est constitué de 2 gr d’argent pur (il ne s’agit donc pas de l’échantillon), de 10 gr d’acide nitrique et de sel marin.

Cette solution est assez complexe à mettre en œuvre, car une fois le produit prêt, il faut quelques étapes délicates à réaliser pour obtenir le résultat.

L’objectif est de séparer (en terme chimique correcte on dira “obtenir un précipité”) l’argent contenu dans l’échantillon des autres métaux.

La pureté sera obtenue par comparaison entre le poids du précipité et le poids de l’échantillon au départ.

Quoi qu’il en soit, pour effectuer le test, il faut prendre un échantillon de 2 gr sur l’ouvrage ce qui est très important.

Donc, seules des pièces d’argenterie assez épaisses sont testées pas ce biais.

Méthode de Volhard :

Cette méthode peut être utilisée, lorsque l’ouvrage ne peut supporter celle de Gay-Lussac.

Le principe est de mettre un échantillon d’argent de 500 mg dans de l’acide nitrique, auquel on aura ajouté du thiocyanate d’ammonium, cela produira un précipité.

Une fois la réaction chimique finie, vous apercevrez du sulfate de fer de couleur rouge.

La pureté est obtenue en effectuant le rapport entre le poids de l’échantillon et le volume de thiocyanate d’ammonium (la formule complète tient compte d’un étalonnage avec de l’argent pur).

Note :

Comme vous avez pu le voir, les méthodes pour connaître le type de métal, ainsi que sa pureté, sont assez complexes.

Cela veut dire trois choses :

  1. Si les méthodes de grand-mère étaient fiables, les bijoutiers et experts ne se compliqueraient pas le travail et les utiliseraient
  2. Même avec les techniques des professionnels, la connaissance des poinçons reste indispensable
  3. On ne peut s’affranchir d’une observation visuelle attentive

Pour aller plus loin

Les lingots d’or fourrés

Les monnaies antiques (fourrées ou pas)

Les monnaies d’investissement

L’argenterie fourrée

Déchiffrer un poinçon

Convertir carats en millièmes et pourcentages

Couleur de l’or