Les monnaies antiques

Les monnaies antiques sont très recherchées par les collectionneurs. Saviez-vous que de la vraie fausse monnaie romaine, grecque, gauloise, etc, existent ?

La vraie fausse monnaie antique

En effet, on pourrait être tenté de croire que la fausse monnaie est une invention récente, il n’en est rien. Même si de nos jours, il est plus avantageux pour des faussaires de copier des billets de banque plutôt que des pièces, de tout temps des fraudes ont existé.

Dans l’antiquité le troc était toujours une façon d’échanger les marchandises ou le moyen de s’octroyer une rémunération. Par exemple les soldats romains recevaient une partie de leur solde en sel (d’où le terme « salaire » en français).

Pourtant, la monnaie circulait, mais comme elle était frappée dans un métal précieux, or ou argent, elle était rare et sa valeur élevée.

Forcément, la tentation était grande de créer de la fausse monnaie. Souvent, ce sont les personnes qui travaillaient dans les ateliers monétaires officiels qui produisaient, en plus de la monnaie légale, de la fausse monnaie pour leur propre compte.

pub-colonne

La monnaie fourrée

La technique pour créer de la fausse monnaie consistait à enrober un métal commun (souvent du plomb voir du bronze, ce dernier ayant une densité proche de celle de l’argent) d’une couche d’argent ou d’or.

La partie en métal précieux était frappée sur la face et le revers des mêmes inscriptions, effigie, etc, que la monnaie officielle.

Cette technique n’était pas rare, puisque de fausses pièces romaines sont souvent découvertes.

Les gains pouvait être important, puisque les pièces en or ou en argent avait la même valeur que le métal non frappé.

Note :

Il semblerait, en tout cas dans l’Empire Romain, que les pièces fourrées sont souvent des productions plus récentes que les pièces originales. En effet, les faussaires de l’époque, préféraient fabriquer de fausses pièces avec l’effigie d’un empereur décédé plutôt que leur contemporain. Cela serait dû, qu’en cas de découverte du fraudeur, sa sentence en aurait été moins forte.

La fausse monnaie antique officielle

Il est à noter, que si certains créaient de la fausse monnaie pour leur propre compte, en cas de crise, les états n’hésiteraient pas à avoir recours à de telles pratiques.

En fait, pour l’époque, cela consistait à faire « dévaluer » la monnaie.

Exemple :

Hérodote raconte que lorsque le roi de Samos, Polycrate, a été assiégé par l’armée Sparte, a fait frapper, de manière intensive, des pièces en plomb recouverts d’électrum. L’ironie de l’histoire est que les spartes étaient venue le rançonner et qu’ils ont été payés en cette monnaie.

La modification de l’alliage

D’ailleurs, une autre technique était utilisé, il s’agissait de modifier l’alliage constituant le métal précieux. Ce cas apparaît surtout avoir été utilisé en Asie Mineur.

En effet, dans cette région, l’électrum, (appelé « or blanc » par les grecs) a été utilisé pour créer de la monnaie. Il faut savoir que ce métal précieux était présent dans les montagne de Sarde (situées en Turquie) autour de l’emplacement de la cité de Crésus. Il était souvent charrié dans les rivières environnantes et notamment dans le fleuve « Pactole ».

Or, il est curieux de savoir que naturellement, l’électrum comporte entre 60 à 65 % d’or et 30 à 35 % d’argent, et qu’aucune pièce antique, trouvée à ce jour, ne comporte un tel taux de métal précieux.

En effet, le taux habituellement constaté d’or est plutôt autour de 30 % et parfois même 20 %. En fait, pour être travaillé, l’électrum était fondu. C’est pendant cette étape, que le taux de l’or était diminué.

Note :

Ce cas a pu être prouvé grâce à la découverte d’un accord, portant sur la production d’une monnaie commune, entre deux cités-états : Mytilène et Phocée.

Il se trouve que les clauses de ce traité, stipulent que le Maître chargé de la frappe de la monnaie, ne devait pas diminuer la teneur en or en-dessous de celle prévue par la loi. Ce texte démontre, sans ambiguïté, que la pureté en or de l’électrum, était définie par la législation, non par le pourcentage présent naturellement dans le minerai.

Lorsqu’un empire copie la monnaie d’un état

Sparte et Athènes ont longtemps été des ennemies jurés. Cela a même été le cas dans le système monétaire.

Bien que Sparte ait combattu les perses à plusieurs reprises, vers 431 à 404 avant J.-C., ces derniers décident de financer l’armée Sparte. Cela provenait du fait que Athènes était devenu leur ennemi commun (plus tard la Perse financera les ennemis de Sparte, cette cité étant devenu trop puissante).

Ce financement permet à Sparte de recruter des soldats, rameurs, etc, bref les hommes nécessaires à faire fonctionner une armée à cette époque.

Sparte a donc recruté au-delà de ces frontières et même chez l’ennemi. La motivation pour rejoindre cette armée étant simple, la solde était plus élevée et surtout versée régulièrement.

Toutefois Sparte a été confronté à un problème inentendu, les hommes de ces régions étaient habitués à la monnaie Athénienne et n’en voulait pas d’autre. En outre, Sparte ne frappait aucune monnaie, elle utilisait celle de l’Empire Perse.

Or, il se trouve que les perses ne possédaient pas (ou pas assez) de monnaie athénienne. Face à la demande, ils ne pouvaient prendre le risque de laisser perdurer cet état, sans provoquer des troubles dans l’armée. C’est en 407 avant J.-C., que fût trouver une solution assez simple : copier la monnaie athénienne !

Ces copies étaient tout à fait conforme à la monnaie officielle d’Athènes. Elles sont en métal pur, au poids exacte, et bien sûr, portent les bonnes inscriptions et effigies (tête d’Athéna et Chouette).

Note :

Il est difficile de savoir qu’elles en ont été les conséquences exactes pour la cité d’Athènes.

Tout ce que nous savons, c’est qu’ils n’ont pas trouvé de solutions efficaces pour contrecarrer cette fausse monnaie … qui, il faut bien le dire, était vraie.

Les copies contemporaines de pièces antiques

Au 16ème siècle, à la période de la Renaissance, se créé un réel engouement autour des pièces antiques dans toute l’Europe. Si pendant des siècles, de nombreuses pièces ont simplement été fondues, il n’en sera, dès lors, plus le cas.

Chaque collectionneur désirait avoir une suite de pièces antiques. Par exemple, concernant l’Empire Romain, il fallait avoir au moins une pièce de chaque empereur. Concernant la Grèce, l’important était d’avoir une pièce de chaque cité, puis ensuite, des variantes, etc.

A noter que des pièces à l’effigie de personnages illustres, comme Homère, étaient recherché. Cela était le cas, même pour des personnages qui n’ont jamais été frappés sur des pièces antiques, comme Socrate.

Pour ces derniers, certains ateliers et orfèvres ont tout bonnement décidé de créer des pièces à effigie de personnages illustres. Il était convenu d’appeler ce type de pièces des « médailles de fantaisie ».

Bien sûr, la valeur des pièces authentiques à très vite atteint des sommets, dépassant largement la valeur du métal précieux la constituant.

Dès lors des faussaires de génies se sont mis à créer de fausse pièces antiques d’excellente qualité, dont certaines étant réellement en métal précieux.

Note :

Seule une bonne connaissance de ce domaine et quelques fois à des recours techniques sophistiqués (comme l’analyse au cyclotron) peuvent permettre de détecter la supercherie.

La valeur des pièces antiques fourrées

Il est important de savoir que les pièces antiques fausses, mais d’époque peuvent avoir une valeur certaine !

En effet, elles sont des témoins de l’histoire, et comme nous l’avons vue précédemment, elles peuvent indiquer des périodes de crise majeures.

Toutefois, sauf rares exceptions, leur valeur sera moindre qu’une pièce antique officielle, de l’époque.

La valeur des copies (ou création) de pièces antique

Il faut discerner deux cas :

– Les pièces créés à la renaissance et suivante
Ces pièces peuvent représenté un caractère de curiosité, d’autant que certaines sont réellement en métal précieux.
Bien qu’elles peuvent être recherchées par certains collectionneurs, leur valeur est toutefois à relativiser

– La valeur des copies contemporaines
La vous êtes clairement en présence de faux, hormis le poids résiduel du métal précieux (si présent) il ne faudra attendre aucune valeur de ces pièces.

Comment se procurer des pièces antiques ?

Il est difficile de répondre à cette question. En effet, ce marché est surtout affaire de spécialistes.

– Ne pas acheter à la sauvette
Si vous êtes touristes et que vous vous promenez à proximité d’un chantier de fouilles, certains vous proposerons des pièces antiques (voire d’autres objets) en provenance directe.
Ne tombez pas dans le panneaux, il s’agit assurément de faux (toutefois, rien ne vous empêche de vous acheter un souvenir, certes bidon, mais au moins original. Tout sera dans la négociation).

– La meilleure solution : acheter un détecteur de métaux
La solution pour tomber sur une vraie pièce antique (même si elle est fourrée) est de vous acheter un détecteur de métaux et de battre la campagne.
Non seulement vous trouverez des pièces (antiques, féodales, etc) mais aussi divers autres objets auquel vous n’auriez pas pensé.

Note :

Nous vous conseillons grandement de faire des recherches, de glaner des informations sur internet ou autre, afin de connaître, de rencontrer des spécialistes qui seront capables de vous guider et de vous conseiller.

Pour aller plus loin

Détecter le vrai du faux

Les lingots d’or, d’argent, de platine et de palladium, fourrés

Les Napoléons et autres pièces d’or d’investissement

L’argenterie fourrée